mardi 21 novembre 2023

Sur la route d'Austerlitz 2eme partie

Dans un article précédent, la première partie de notre périple vers Austerlitz le voyage commençait à Angers. Nous nous étions arrêtés au village de Piney puis à l'école militaire royale de Brienne pour finalement passer la nuit à Schirmeck

Le camping-car sur un parking à Schirmeck

Le lendemain matin, le temps est toujours aussi maussade. Il est 8h30 lorsque nous reprenons notre route vers les montagnes car nous devons nous rendre à la nécropole nationale du Struthof. La journée s'annonce chargée car nous devons passé la nuit en Bavière.

Nous nous rendons au camp de concentration Natzweiler-Sruthof

La nécropole nationale du Struthof 

La route pour le Struthof est vallonnée, le bitume est encore largement froid et humide. Rapidement nous arrivons au parking du mémorial. Heureusement ce n'est pas encore l'affluence, l'humidité nous oblige à sortir les Kway en plus il y a une brise vraiment fraîche. L'objectif n'est pas de visiter le camp mais de nous rendre à la nécropole, où l'un de mes ancêtres, mon arrière-grand-père, repose. 

Le site du Struthof qui regroupe le camp, le mémorial, la nécropole.
 

Le mémorial du Struthof haut de 40 mètres le monument en pierre symbolise une flamme

 
Cette maison était celle du gardien du camp

Depuis les hauteurs la vue est très jolie

L'entrée du camp que nous ne visiterons pas de toute façon trop de bâtiments font neufs  

vue sur le camp

camp de concentration Natzweiler-Sruthof
La nécropole nationale est bien entretenue, 1118 personnes déportés en Allemagne, le plus souvent, y sont inhumées.

camp de concentration Natzweiler-Sruthof
Moment de recueillement, la tombe de mon arrière grand-père. Au pied de sa croix, nous avons déposé une photo de lui en uniforme de poilu. Gloire éternelle à lui !

Photo de mon arrière grand-père en 1917 lorsqu'il était dans la coloniale 

Mon arrière-grand père, René Hutin, inhumé à la nécropole nationale était un vétéran de la 1ère guerre mondiale.
En novembre 1914 il était soldat au Groupe Spécial du 113e Régiment d'Infanterie dans le secteur de l'Argonne.
En septembre 1915, il est au  5ème Bataillon d'Infanterie Légère d'Afrique appelé aussi "Bat d'Af" où deux compagnies forment le  3e BMILA (Bataillon de Marche d'Infanterie légère d'Afrique).
En avril 1916, il est muté à Sens au 89e Régiment d'Infanterie  (bataille de la Somme et bataille de l'Aisne).
En mai 1917, 22e Régiment d'Infanterie Coloniale 
En juin 1917, 9e Régiment d'Infanterie Coloniale (Bois de Chaume). 
Sa campagne contre l'Allemagne a donc duré du 24 novembre 1914 au 23 mars 1919. Il est mis en congé le 26 mars 1919.
Il aura donc survécu, avec beaucoup de chance, à la totalité de la guerre malgré des incorporations dans des régiments particulièrement durs  et des situations au front qui l'étaient tout autant.
 
En 1942, il est hôtelier à Paris lorsqu'il est arrêté par les Allemands. Il est envoyé au camp de Compiègne puis déporté au KL de Buchenwald le 19 janvier 1944 puis c'est le camp de Flössenburg mais avec l'approche des troupes américaines, le camp est évacué dans une marche épuisante. Des milliers de prisonniers vont mourir en chemin. René est libéré par les américains mais il est aussitôt hospitalisé à Cham où il décède le 7 mai 1945, épuisé, son coeur s'est arrêté. En 1950, son corps est exhumé du nouveau cimetière de Cham et ramené en France pour être inhumé en 1957 au Struthof.
Entre les deux guerres, il aura un eu fils unique, mon grand-père. 

Nous partons vers l'Allemagne

Comme la Grande Armée nous traversons le Rhin, au sud de Strasbourg, le pont dans la ville étant en travaux et donc interdit. 

"Strasbourg, le 8 vendémiaire

S.M s'est porté aujourd'hui au delà du Rhin, où elle a passé en revue les troupes de la division du général Gazan. Toute l'armée a passé le Rhin; hier nous avons vu partir les derniers détachements de la garde impériale."

Maintenant nous repartons en direction de Strasbourg pour nous rendre en Allemagne. Nous faisons notre plein d'eau sur une aire de service à Khel, où il y a de nombreux camping-cars et nous en profitons pour déjeuner un peu plus loin, il y a des places le long de la rue. Entre temps la météo s'est améliorée, le soleil domine et c'est tant mieux.

Le prince Murat, avec sa réserve de cavalerie, a passé le Rhin à Khel le 3 vendémiaire tout comme le corps du maréchal Lannes et l'Empereur.

Nous repartons en direction de la Bavière et nous ne prenons pas les autobahn. Nous empruntons les mêmes routes et traversons les mêmes villages que les troupes françaises de 1804, ce qui nous permet de regarder le paysage. Baden-Baden, Karlsruhe Pforzheim, Stuttgart, Oberelchingen nous voilà ! 

L'aire de stationnement et de service de camping-car à Khel, idéal pour faire le plein d'eau

Oberelchingen

L'objectif de la fin de journée était d'atteindre Oberelchingen en Bavière.

L'accès au village d'Elchingen (Oberelchingen) en camping-car peut réserver une très mauvaise surprise si vous tentez d'y accéder par la Klostersteige, la voie la plus simple, directe. Les co-pilotes attentifs remarquerons les panneaux d'interdiction aux camions et camping-car. En effet vous risquez d'être totalement bloqué en largeur dans une pente à 16% !

Le chemin idéal est de contourner le village par le nord prendre la Göttinger Weg  et là vous trouverez le Parkplatz Napoleonhöhe, un parking suffisamment grand et gratuit pour y stationner en toute tranquillité y compris la nuit.  La visite se fait à pieds.     

Le parkplatz Napoleonhöhe sur les hauteurs de Elchingen est idéal pour stationner et dormir en camping-car
Le parking à Elchingen où nous avons stationné y compris la nuit

Oberelchingen et l'ancienne abbaye, lieu de la terrible bataille de 1804. Le parking est en bas à gauche sur la photo, on ne pouvait faire mieux !

Maintenant que nous nous sommes garés nous allons visiter les lieux de la bataille d'Elchingen et la victoire du maréchal Ney sur les Autrichiens en 1804, une bataille très importante pour la prise d'Ulm. C'est l'objet de la troisième partie de l'article à suivre ici.

Liens

 

dimanche 19 novembre 2023

La tombe d'un soldat de l'An II Antoine Edmond de La Contrie-Perdrix

Après la visite de la maison natale de roi de Naples et maréchal d'Empire Joachim Murat à Labastide-Murat, nous avons continué notre voyage vers le sud en direction de Cahors puis de Caussade. Ensuite nous avons roulé vers un petit village du Tarn et Garonne, Caylus où repose un soldat de l'An II et du Consulat
 
Le village de Caylus depuis le point de vue
 
Ce coin du département est vraiment très joli, avec ses gorges de l'Aveyron, son relief, la cascade pétrifiante et si vous avez de la chance, ce fut notre cas, nous avons pu observer le largage de militaires parachutistes depuis un Airbus A400 M, car à Caylus il y a aussi un terrain militaire.
C'est la deuxième fois que je passe dans ce village et la deuxième fois aussi que je prends la tombe du vétéran en photo, depuis ma première visite il y a eu du changement.
 
Stationnement : naturellement nous nous sommes garés sur le parking du cimetière.
 
Nous prenons la direction du Tarn et Garonne, Caylus !

Antoine Edmond de La Contrie-Perdrix est né à Château-Thierry en Picardie le 10 juin 1771 d'un père mousquetaire du Roi à la 1ère compagnie (appelé "mousquetaire gris").
Durant sa jeunesse il est élève à l'école royale militaire de Rebais, un collège fondée en 1775 sous Louis XVI. L'école n'a toutefois pas le prestige de Brienne.
 

Soldat de l'An II

A l'âge de 20 ans, en 1791, il entre au bataillon auxiliaire des colonies sous le nom d'Antoine Edmond. Il devient sergent en 1795 puis sergent-major à la 46ème demi-brigade de deuxième formation l'année suivante. La 46e deviendra au fil du temps le 46e régiment d'infanterie (46.RI) qui sera dissout en 1997. Le nom de "Zurich" était inscrit sur l'emblème du valeureux régiment, à la lecture de l'article vous comprendrez pourquoi..

La mer du Nord

Sous le directoire, après l'invasion et l'annexion de la Belgique, Antoine Edmond et cinq compagnie de la demi-brigade sous le commandement du colonel Forty  sont dans la ville flamande d'Ostende en mai 1798 où les Anglais tentent un coup de main le 18. Près de 1400 hommes débarquent et parviennent à détruire les écluses du canal, mais pour la perfide Albion l'affaire tourne en eau de boudin. Dans l'impossibilité de ré-embarquer ses troupes, 1134 hommes sont capturés, 163 sont tués ou blessés. C'est Dieppe avant l'heure.

Fuite des Anglais devant Ostende en 1798

L'Armée de Suisse

Le sergent-major de La Contrie-Perdrix quitte la mer du Nord puisque la 46e demi-brigade d'Antoine Edmond est versée à la 1ère division de l'armée du Danube. Le 25 mars 1799 c'est la bataille de Stockach qui se solde par une défaite et le retrait des forces françaises derrière le Rhin.  

25 mars 1799, la bataille ou plutôt la défaite de Stockach

La 46e est mutée à l'Armée d'Helvétie sous le commandement de André Masséna. Les Autrichiens ont délégué la défense de la Suisse aux soldats Russes de Paul 1er. Du 25 au 27 septembre 1799, les Français engagent le combat aux troupes russes de Korsakov à Zurich, l'armée ennemie est quasiment défaite et retraite. Quelques jours plus tard, les Russes mal au point subissent une nouvelle défaite.

Malgré les batailles et les victoires tout à un prix et les caisses de la France sont vides, le peuple meurt de faim. A Paris c'est le coup d'état du 18 brumaire (9 novembre 1799),  le directoire est chassé manu-militari par  Joachim Murat et son fameux  "Foutez-moi tout ce monde là dehors !". Commence alors la période du ConsulatNapoléon tirera son épingle du jeu. 

L'Armée du Rhin

 
Le consul Bonaparte ordonne à l'Armée du Rhin, sous le commandement du Général Jean Victor Moreau, de faire pression sur Vienne (qui reçoit de l'argent de l'Angleterre, une guerre par procuration). Antoine Edmond de La Contrie-Perdrix est maintenant adjudant dans cette fameuse Armée du Rhin. La 46e combat les Autrichiens à Engen (3 mai 1800), Messkirch (4-5 mai) et passe le Danube le 19 juin à Höchstadt, sous le feu ennemi où les Autrichiens connaissent une nouvelle défaite et doivent quitter par la même occasion Ulm.
 
Bataille d'Oberhausen entre Français et Autrichiens près de Neuburg an der Donau en juin 1800

Le 26 juin 1800, les Autrichiens et leurs alliés Bavarois et Wurtembergeois traversent le Danube près de Neuburg an der Donau et occupe une colline entre Oberhausen et Unterhausen. Le lendemain, Antoine-Edmond et sa brigade attaque la position ennemie et la victoire pour les Français mais durant les combats le colonel Forty est tué suivi du "premier grenadier de la république" Théophile Malot Corret de la Tour d'Auvergne, transpercé par un lancier à cheval. Les pertes continuent et touchent cette fois-ci Antoine Edmond lui-même gravement blessé par des coups de sabre, l'histoire raconte qu'il aurait reçu 15 coups de sabre (durant toute sa carrière ou pendant cette bataille ?). Ramassé sur le champ de bataille il est fait prisonnier par les Autrichiens, fort heureusement il échappe à une infection qui aurait pu lui être fatale. Il est finalement échangé contre le Fähnrich Stemmer le 27 avril 1800 puis réformé et pensionné. Entre temps il est nommé sous-lieutenant.

Retour à la vie civile

Le 27 avril 1802, il est nommé officier percepteur (des impôts) à Caylus, un village du Tarn et Garonne. Il se marie en 1808 avec une femme d'un village voisin Puylaroque (un village qui vous réserve au beau point de vue). Le couple donne naissance à une petite fille en 1810.
En 1833, il est conseiller d'arrondissement puis Antoine Edmond décède à Caylus à l'âge de 77 ans le 19 août 1848, il est inhumé dans le cimetière du village.

De nos jours, une rue de Caylus porte le nom de l'ancien sous-lieutenant de l'armée du Consulat. 

Les photos de sa tombe en 2017

C'est grâce au livre "Le guide Napoléon" que j'ai trouvé la tombe du sous-lieutenant. C'était en 2017 et la tombe n'était pas de première fraicheur. Le monument funéraire était celui de sa femme. Hormis une plaque grise rien n'indiquait la dépouille de l'ex-soldat du Consulat. 

En 2017 il n'était pas aisé de retrouver la tombe du sous-lieutenant

 
Une plaque grise indiquait l'emplacement de la dépouille d'Antoine Edmond de La Contrie-Perdrix

Les photos de sa tombe en 2023

En 2023, j'étais de passage dans la région puisque je me rendais en Aveyron. Je me suis arrêté au cimetière et j'ai remarqué que la tombe avait été sérieusement rafraichie. Nettoyée, re-gravillonnée, une croix blanche dédiée au sous-lieutenant a même été installée.   

La tombe d'Antoine Edmond de La Contrie-Perdrix et de sa femme a été sérieusement nettoyée. Un petit drapeau français a été posé par un inconnu.

Nous reconnaissons la plaque qui était sur la tombe en 2017

Une croix dédiée à Antoine Edmond a fait son apparition

Nous refermons le portail du cimetière et nous décidons de prendre la petite route vers Saint Projet, nous passons à côté du terrain militaire, un lieu que j'ai bien connu lorsque j'étais militaire et nous  décidons de déjeuner dans un cadre magnifique situé à seulement à quelques kilomètres de Caylus, la chapelle Notre -dame des grâces à Lacapelle Livron (où il y a aussi une belle commanderie des templiers).

Le site de la Chapelle Notre-Dame à Lacapelle Livron mérite un arrêt

    

Liens  

 

vendredi 17 novembre 2023

Superbes vestiges romains à Autun

Le camping-car prend la direction de la Bourgogne-Franche-Comté et roule vers la Saône et Loire. Le but est de se rendre à Bibracte mais avant nous allons visiter une ville connue pour son passé romain Autun. Malheureusement le jour de notre visite le site le théâtre romain de la ville n'était pas accessible pour cause de spectacle, il n'y a donc pas de photo. 

Durant le voyage la météo fut particulièrement accablante à cause des fortes températures. A Autun l'air était pratiquement irrespirable. Pour passer la nuit nous avions pris la sage décision de monter jusqu'à Bibracte, les quelques degrés en moins nous ont vraiment fait du bien et la nuit fut bien reposante.

Une pause boisson dans l'après-midi, le camping car est stationné à l'ombre !

Le temple de Janus près d'Autun

Au nord-ouest de la ville antique d'Augustodunum (Autun) se développait un quartier dont le seul vestige encore visible est le temple de Janus situé chemin Jeanne Barret. On y trouvait un théâtre, des thermes, des artisans. Ce quartier était sur la voie d'Avaricum, maintenant Bourges, a cet endroit la via était faite de simple graviers compactés.

Le quartier était alimenté par les eaux de l'Arroux, le Ternin et par un canal creusé à la force des bras.

Le temple se tenait dans une cour ceinturée par un mur qui remplaçait les fossés présents à l'origine. L'entrée de type monumentale avec des colonnes se situait à l'est. le temple se composait d'une pièce centrale appelée cella dont le sol était bétonné et dallé en marbre. La cella, elle-même abritait certainement une statue de taille imposante. La forme du temple est du type Fanum, c'est une évolution des temples celtiques mais le temple de Janus date du Ier siècle, il est donc de construction gallo-romaine.
Aujourd'hui il ne reste de ce temple que deux murs hauts de 24 mètres et large de 16 mètres.
 
Reconstitution du temple de Janus
 
Le temple prend le nom de Janus au XVIe siècle par l'historien Pierre de Saint Julien de Balleure, même si en réalité la divinité du temple est inconnue.

Stationnement : aucun problème il y a un parking juste à proximité 

Non loin du temple ce trouvaient les thermes

Depuis le temple de Janus nous voyons la ville d'Autun

Le temple se tenait à l'emplacement des temples précédents qui étaient en bois dont un remontait au moins au IIIe siècle avant JC soit bien avant la construction d'Autun.

Il ne reste que deux murs de la cella

 
A 150 mètres au nord du temple de Janus nous remarquons encore les traces du théâtre gallo-romain du haut du verger construit en 50 APJC et s'agrandit jusqu'au IIIe siècle


La porte Saint André à Autun

La porte Saint André date comme le temple de Janus, du Ier siècle. Elle est située à l'est de la ville, rue du Gaillon et marquait l'entrée ou la sortie d'Augustodunum, la via se dirigeait vers Andemantunnum (Langres).

Au fil des siècles, la porte a connu de nombreuses transformations mais dès 1844 Viollet-Le Duc est chargé de lui rendre son aspect antique, qui est conservé jusqu'à maintenant.

Stationnement : Sur le parking de l'hypermarché Leclerc, rue de la croix blanche, situé à proximité de la porte

La porte Saint André côté ville

Les observateurs remarquerons la petite cloche au premier étage qui était le chemin de ronde puisque la porte était incluse dans une enceinte qui ceinturait la ville antique sur 6 km.

 

Une église catholique vit le jour au XIIIe siècle, puis au XVIe c'est un temple protestant

La porte côté campagne, nous voyons la tour de flanquement, il y en avait 62,  qui est maintenant l'abside du temple protestant.

Dessin de la porte Saint André avant sa restauration par Viollet-Le-Duc au milieu des années 1800


La Porte d'Arroux, la porte nord d'Augustodunum

Depuis la porte Saint André nous sommes allés à pieds à la porte d'Arroux qui est située rue du faubourg d'Arroux. Elle était la porte nord de la cité antique. Depuis cette porte les habitants pouvaient se rendre au temple de Janus, vers Avaricum (Bourges) ou Austussiodurum (Auxerre) mais aussi prendre de l'eau directement dans l'Arroux situé à proximité. Elle donnait sur la via agrippa qui allait de Boulogne sur mer (Gesoriacum) à Lugdunum (Lyon).

A l'époque antique, le quartier nord était un quartier artisanal, plus d'informations sur le site de l'Inrap.

La porte d'Arroux côté cité, les passages centraux étaient réservés aux chariots et charrettes ainsi qu'aux troupes

La porte d'Arroux côté campagne, les piétons empruntaient les petits passages latéraux

L'Arroux a donné son nom à la porte

A 350 mètres seulement de la porte d'Arroux, sur la via Agrippa (route de Saulieu) on trouve encore des vestiges du passé dans le sol.

Liens

Vestiges d'une tour romaine à Angers

mercredi 15 novembre 2023

La maison natale de Joachim Murat

Il fait un grand soleil lorsque nous prenons la direction du sud, le département du Lot et plus précisément le village de Labastide-Murat. L'objectif du voyage est de voir la maison natale d'un des grands personnages de l'Histoire de France, Joachim Murat.


Auparavant Labastide-Fortunière la commune a changé de nom en 1852 pour devenir Labastide-Murat en hommage au maréchal d'Empire et roi de Naples.  La maison natale de l'illustre personnage, qui mériterait un film tant son histoire est romanesque, est devenue un musée, fermé pour remise aux normes lors de notre visite.

Au niveau de l'église, un panneau indique la maison des Murat. Tournez immédiatement à gauche et au fond de la rue il y a un parking idéal pour un camping-car. Il est situé juste derrière la maison de Murat.

Stationnement : Se garer n'est pas un problème, tant que ce n'est pas un jour de marché. Nous nous sommes garés à côté de l'église où les places de parking ne manquent pas. 

Joachim Murat avec l'uniforme de sous-lieutenant du 12e régiment de chasseurs en 1792

L'objet n'est pas de faire une biographie de Murat (1767-1815) mais il est utile de rappeler qu'il a été maréchal d'Empire, Grand amiral de l'Empire, duc de Berg, roi de Naples ce qui n'est pas mal pour un fils d'aubergiste né dans un modeste village. Ce fut des récompenses légitimes obtenues grâce à sa fougue et son courage face à la mort. Une question me taraude toutefois l'esprit, avait-il l'accent occitan ? 

Naturellement vu l'envergure extraordinaire de Joachim Murat plusieurs ouvrages ont été édités. Je conseille "Murat" de Jean Tulard chez Fayard ainsi que le hors série n°27 du magazine Napoléon 1er et "Murat la solitude du cavalier" de Vincent Haegele aux éditions Perrin.   

La maison natale de Joachim Murat

L'auberge, relais de poste des Murat était située sur la route Cahors-Paris, à proximité d'une église du XIVe siècle. L'auberge était idéalement située puisque les pèlerins du chemin de Saint Jacques de Compostelle pouvaient s'y reposer et manger voir changer de cheval.

Nous descendons la rue Joachim Murat et nous voyons la maison du héros français. L'église sainte Catherine qui date de 1873 a été érigée sur l'emplacement de l'ancienne du XIVe siècle, de nombreux Murat y sont inhumés.

 
La maison natale de Murat était une auberge et relais de poste sous la monarchie de Louis XVI

Une plaque identifie la maison natale du beau-frère de Napoléon

Devenu un musée celui-ci était fermé pour cause de mise aux normes

La maison des illustres est située au 11 rue Joachim Murat à Labastide-Murat

Les arrières de la maison natale de Murat

Jeanne Loubières, mère de Joachim Murat

La mère de Joachim, Jeanne Loubières (1722-1806) était née comme ses fils et son mari à Labastide-fortunière. Elle y est décédée à l'âge respectable de 83 ans. Avec son mari, Pierre Murat Jordy (1721-1799) elle tenait l'auberge relais de poste du village.

La famille achète une cure située à proximité de l'auberge, c'est dans ce bâtiment que la mère de Murat meurt en 1806. La cure est devenu depuis la presbytère du village.

Jeanne Murat née Loubières

L'actuel presbytère où est décédé la mère de Joachim Murat

Une plaque apposée à l'entrée du presbytère rappelle la présence de la mère de Murat

L'église sainte Catherine où est inhumée la mère de Joachim Murat

Dans la crypte de l'église sainte Catherine sont ensevelis :

Jeanne Murat née Loubières, mère de Joachim Murat
Comte André Murat (1760-1841), frère ainé de Joachim
Comtesse Marie Françoise Besse ( 1777-1866), femme de André
Duchesse de Corigliano Clotilde Murat  (1795-1831), la fille du couple
Comte Pierre-Gäetan Murat  (1798-1847), le fils du couple
Comtesse Marie-Pauline de Ménéval (1810-1889), femme de Pierre-Gäetan
Ainsi que d'autres Murat, nés après l'Empire
 
A la sortie du village sur la D677 en direction de Cahors, vous pouvez apercevoir le château de Labastide-Murat, érigé par Joachim Murat et terminé en 1815, le roi de Naples n'a pas eu le temps de l'habiter. C'est son frère, le comte d'Empire André Murat qui l'habita jusqu'à sa mort. 
 
Le château de Labastide-Murat, ici une carte postale, est une propriété privée